1/ La princesse
au pigeon, 1375.

3. Premières images

Je remis donc à Ahasvérus un appareil photo argentique,
un lot de films ainsi qu’une liste des monuments
disparus des bords de Seine et dont on ne connaissait
l’existence que par d’anciennes gravures.

Quelques années plus tard, à la date convenue, un petit
catamaran, le Sarah, m’apporta, sous le pont Neuf, les films soigneusement enveloppés dans des feuilles de papier.

Voici quelques unes des
premières images qui apparurent au développement.

2/ Le pont Saint-Michel en 1546.

4/ La Tour de Nesle, en 1640.

3/ Les cagnards
du quai
de Gesvres
en 1859.

La photographie, vue par Joël Cuénot

De nos jours, la photographie est communément comprise comme le résultat d'un instantané et la preuve
de l'authenticité du sujet capturé. Le principe adopté dans ce livre est fondamentalement différent.

Toutes les images sont le résultat deprises de vue séparées et de montages réalisés sur Mac, à l'aide du logiciel
informatique Photoshop. Ainsi, la réalisation d'une image, loin d'être instantanée, demande de très longues
heures – voire des jours – de mise au point. Cette méthode de construction d'une image n'est pas sans rappeler
celle pratiquée par les peintres classiques (David ou Géricault, par exemple).

1/ La princesse au pigeon. L'image est composée de quatre éléments photographiés à des moments très
distincts : la princesse (Géraldine Muhlmann), le mur, la chienne et le pigeon. La princesse fut photographiée
en studio, sur fond blanc (le poids de la manche obligea l'actrice à poser son poignet sur un pied photo,
supprimé ensuite par retouche). La chienne et le pigeon furent photographiés sur fond blanc, au cours d'autres
séances et détourés.

Le détourage est l'opération qui consiste à éliminer par gommage manuel le fond d'un sujet. Ainsi, la quasi
totalité des images du livre ont été détourées.

2/ Le pont Saint-Michel. Réalisé d'après un document graphique sommaire pour ce qui concerne les maisons
mais précis pour les piles de bois. La maquette fut posée sur un film plastique réfléchissant. Deux personnages,
(Géraldine Muhlmann et Iulian Furtuna) ainsi que le ciel et les tours de Notre-Dame furent ajoutés.

3/ Les cagnards du quai de Gesvres. Maquette réalisée d'après un dessin d'Hubert Robert et rigoureuse quant
à la restitution de la stéréotomie. La maquette fut ensuite posée sur une plaque de verre couverte d'un film
réfléchissant, suffisamment transparent pour laisser passer une partie de la lumière d'un spot de 500 watts placé
sous la plaque. Cette disposition permit d'équilibrer l'éclairage de la voûte et celui des piliers (photographie
impossible sans cette transparence)
. Eléments ajoutés : le personnage, la barque, la corde tendue, la corde
enroulée avec son ombre et le moulin nef.

4/ La tour de Nesle. D'après une gravure d'Israël Sylvestre. Les constructions populaires greffées à la tour
furent couvertes de tuiles afin de souligner la différence de leur architecture avec les tours de la porte d'entrée
de l'hôtel de Nevers, couvertes d'ardoises. L'hôtel est invisible car non éclairé par la lune. La brume fut obtenue
par de la vapeur de glace carbonique. Ajoutées : les silhouettes hivernales de deux peupliers.