10. Critiques et commentaires
de Paris à rebrousse-temps



Paris, la machine à remonter le temps.

L’historien Alfred Fierro avait publié il y a quelques années un Guide du Paris disparu. Joël Cuénot propose à sa manière une descente dans le passé de la capitale pour en ressusciter les monuments depuis longtemps démolis. Par le biais d’une amusante fiction : rencontrant, sur le pont des Arts, le Juif errant qui s’apprête à remonter la Seine et le temps, il lui confie un appareil photo et des pellicules (argentiques) que le héros biblique saura bien lui faire parvenir avec le compte-rendu de son périple...

Le coup d’éclat est ailleurs.

L’auteur a évoqué ces édifices d’autrefois par des anecdotes mais, surtout, au moyen de maquettes très précises. La pompe de la Samaritaine et le palais de Tuileries côtoient le moulin de la Monnaie ou le Grand Châtelet, prison de sinistre mémoire. Certaines reconstitutions sont des modèles du genre, comme le pont Saint-Michel et le pont aux Meuniers, couverts de maisons à colombages, le chantier du pont Royal ou le Louvre de Charles V, débordant de tourelles et d’échauguettes. A la fin du voyage, on a la certitude que ce Paris disparu vaut bien celui qui a survécu : il fallait juste un peu d’imagination pour le ressusciter de façon convaincante...


Rafael Pic

Rédacteur en chef de la revue en ligne "ArtAujourd'hui"

Décembre 2010.



Comme toutes les productions de Joël Cuénot, auteur-éditeur depuis
trente ans, de l’Islande à Santorin ou de l’Île de Pâques au Colorado, voilà un livre intelligent, original et parfaitement documenté. Cette histoire des monuments parisiens et des événements qui y ont trouvé leur cadre ou qui s’y rapportent est une idée merveilleuse qui fait de cet objet-livre un véritable musée. C’est le Si Paris m’était conté mis à l’envers, mais qui va infiniment plus loin, car l’ouvrage est débarrassé des facilités de l’histoire contée par Guitry et nous livre, en revanche, une synthèse des arts, des mœurs et de l’art de vivre à toutes époques, des drakkars des Vikings aux tandems des congés payés du Front populaire.

On ne sait ce qu’il faut admirer le plus, de l’idée qui relate les aven- tures d’Ahasvérus, le Juif errant, de l’invention, à chaque page, de situations nouvelles, de la clarté de la présentation avec une mise en pages vivante, mouvementée comme le déroulement d’un film, de la qualité des photographies (près de trois cents, souvent dans de grands formats), de l’ingéniosité des maquettes d’édifices et de la somptuosité des décors et de la beauté des interprètes.

Une entreprise folle, en vérité. Car si Joël Cuénot, pour ses autres livres, passait plusieurs mois sur place à faire des prises de vues, il a porté – j’en ai été le témoin – ce Paris à rebrousse-temps à bout de bras pendant près de quinze ans, agençant une à une les tuiles ou les ardoises des toits, les rayons des roues, les parapets et les piles des ponts, les pavés des rues, les rouages des machines, etc, envahissant de ses maquettes et de ses outils tout son appartement et consacrant enfin une petite fortune à réaliser son rêve, enfermé dans ce livre superbe.


Massin



Quel superbe ouvrage que ce Paris à rebrousse-temps. Avec son prodigieux talent de photographe, de pédagogue minutieux à la fibre d’historien, Joël Cuénot ajoute à son érudition le service d’une plume d’écrivain-conteur. Du coup le bonheur du lecteur est total dans un bel ensemble homogène. On y retrouve la patte d’artiste de Joël Cuénot qui vous entraîne avec passion par ses sentiers imaginaires à la découverte merveilleuse d’un Paris qui n’est plus mais que des personnages ressuscitent comme si nous étions encore à les regarder vivre.

Pour qui aime Paris et son histoire ce magnifique livre est un trésor. Un appareil pédagogique présentant le détail des maquettes de monuments disparus ajoute encore à l'intérêt du lecteur. J’ai beaucoup appris en acqué- rant ce livre. Vous l’aimerez si vous êtes un amoureux de Paris, ou des productions des éditions Joël Cuénot.


Claude Danis



Commentaire publié par Amazon, signé MB.


La couverture est attractive le sujet tout autant. Mais très vite j’ai tourné les pages sans m’y arrêter et j’ai fermé le livre pour l’oublier.


Réponse d’un client :


Je pense que c’est là un point de vue bien léger et expéditif. Comment peut-on refermer et oublier un ouvrage de cette valeur ? Il faut être aveugle. D’abord, l’entreprise est d’une originalité extrême. Raconter l’histoire des monuments parisiens à l’aide de photographies artistement et minutieusement travaillées à partir de maquettes somptueuses est une extraordinaire gageure. Confier la prise de vue de ce reportage au Juif errant est une idée de science-fiction plus qu’astucieuse. Au résultat, un livre-album de toute beauté qu’il faut lire lentement, patiemment, page après page, pour en savourer les moindres détails, comme on visite un musée. Louons l’auteur-éditeur de ce magnifique objet. Lisons-le et relisons-le pour le plaisir des yeux et de l’esprit.


Gilbert Salachas